Kabila Père a octroyé à Boulle des contrats miniers de cuivre et de cobalt de Kolwezi ainsi que le gisement de zinc de Kipushi.
Dans les années 1990, J R Boulle s’est aussi aventuré dans un « Zaïre » en pleine guerre avec la société American Mineral Fields (AMF). En 1997, Boulle s’est rapproché des dissidents au président du Zaïre Mobutu menés par Laurent-Désiré Kabila, peu avant la mort du premier et l’arrivée au pouvoir du second. Son entreprise a notamment prêté un jet et avancé des frais à LD Kabila. En retour, Kabila lui a, de son côté, octroyé un des premiers contrats miniers dans la nouvelle RDC sur les terrils de cuivre et cobalt de Kolwezi ainsi que le gisement de zinc de Kipushi.
American Mineral Fields, rebaptisée Adastra en 2004, a fusionné deux ans plus tard avec un autre champion minier, First Quantum. La transaction était estimée à 275 millions de dollars et Boulle possédait alors 10 % d’Adastra. En 2011, Kipushi a été racheté par un autre magnat minier, le canadien Robert Friedland, qui développe depuis le site avec sa société Ivanhoe Mines.
La vie de Jean-Raymond Boulle , un magnat minier
Toujours très investi dans les mines d’Afrique australe et la canne à sucre sur son île natale, Maurice, l’homme d’affaires Jean-Raymond Boulle a monté une entreprise minière pour explorer de nouveaux terrains.
Le magnat minier mauricien Jean-Raymond Boulle pourrait se lancer à la conquête de gisements aurifères en Finlande : il a créé une société au Luxembourg le 22 septembre, baptisée Finland Gold Resources. Les ressources de ce pays, qui compte déjà de nombreuses mines en exploitation, sont pourtant encore largement inexplorées.
Habitué des paris miniers, l’homme d’affaires s’est aussi lancé dans la recherche de diamants sous-marins en Namibie avec Diamond Fields Resources . Il est présent dans les sables minéraux à Madagascar via World Titane Holdings ou l’anorthosite (composant de la fibre de verre et de l’aluminium) au Groenland avec Greenland Anorthosite Resources. Contacté par Africa Intelligence, le Jean Boulle Group, maison mère des autres entités, n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Contrat minier sur fond de guerre au Congo
En parallèle de l’extraction des pierres avec Diamond Fields Resources, Jean-Raymond Boulle, ancien cadre du diamantaire De Beers, propose de recouvrir superyachts, voitures de luxe ou jets privés d’une peinture faite à partir de poudre de diamant avec sa société Sun King Diamond. Son frère Bertrand Boulle dirige Sun King Diamond à ses côtés.
Désormais septuagénaire, Jean-Raymond Boulle a mené des affaires très lucratives en Amérique et sur le continent africain. Il a connu son heure de gloire minière dans les années 1990, en découvrant notamment l’un des plus grands gisements de nickel au monde au Canada en 1993. Trois ans après, le géant minier Vale (alors Inco) le lui a racheté pour 4,3 milliards de dollars.
Résidence à Monaco et affaires familiales au Luxembourg
Outres les mines, Boulle a aussi largement diversifié son groupe. Il s’est lancé dans l’industrie médicale dans les années 2010 avec la production de prothèses cardiaques avec Jean Boulle Medtech créée au Texas. Il a également pris des participations dans un des premiers producteurs de sucre de Maurice, Omnicane. A Maurice, Boulle possède enfin l’île du Mouchoir Rouge, où il dispose d’une maison.
Il réside toutefois la majeure partie du temps à Monaco, tandis que la plupart de ses sociétés sont domiciliées au Luxembourg. Il y détient plusieurs holdings comme Boulle Mining Group, qui possède une partie de ses affaires minières, ou Gondwana, qui contrôle la nouvelle-née Finland Gold Resources. Sa femme Nathalie Boulle, son fils Jean-Raymond Boulle II, ainsi que son associé de longue date, le diamantaire belge Edmond Van De Kelft, dirigent ces sociétés avec lui. Gondwana est elle-même détenue depuis décembre 2007 par une autre holding enregistrée aux îles Vierges britanniques, Humble Ressources.
Africa Intelligence